Barthélémy Toguo
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Transit 6, 1999
HBF, Cologne / Gare du Nord, Paris
Projet de performance Transit, Marseille
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TRANSIT 6

On 18 January 1999, in Cologne, I board the TGV-Thalys high-speed train to Paris. I am wearing a City of Paris dustman’s uniform – a brand new one. I am sitting on seat 84, in coach 27… in the middle of the coach, where four people can sit and face each other. Seats 82, 83 and 85 are occupied; mine is free so I sit down. Within minutes, my neighbours leave their seats to sit further away… One hour later, near Aix-la-Chapelle, an inspector arrives and says: “Sir, you are not allowed to travel in this uniform.” Surprised, I ask him why and whether there is an appropriate outfit to wear on the Thalys… My ticket is in order, I am sitting calmly, but clearly my dustman’s suit is incompatible with the Thalys businessmen’s wear. After talking for several minutes, he tells me that I am making people uneasy and asks me to get off at Aix-la-Chapelle. Had the occupants of seats 82, 83 and 85 complained? Did they get up because of my outfit? Because I am a dustman? I have no idea… The thing is that the inspector is still there, in front of me, losing his patience. Obviously I refuse to comply. Furious, he declares that, once in Brussels, security guards and the police will deal with me. Following his intimidation tactics through, he takes out his phone and walks away so I can’t hear the conversation… I can’t tell if he is phoning Brussels but I do hear him say that I am refusing to get off… Of course, nobody came on at Brussels station and I didn’t see that inspector again. Thus I finished the journey alone, with no interruption, in a practically empty coach 27.

 

Le 18 janvier 1999, à Cologne, je monte dans le TGV Thalys, en direction de Paris. Je suis habillé dans la tenue des éboueurs de la ville de Paris, une tenue flambant neuve. J’ai la place 84, voiture 27… Au milieu de la rame, là où quatre personnes peuvent s’asseoir face à face. Les sièges 82, 83, 85 sont occupés, le mien est libre, je m’assois. Dans les minutes qui suivent, mes voisins quittent leur place pour aller s’asseoir plus loin… Une heure après, à hauteur, à hauteur d’Aix-la-Chapelle, un contrôleur arrive et me dit : « Monsieur, vous n’avez pas le droit de voyager dans cette tenue.» Etonné, je lui demande pourquoi, je lui demande s’il y a une tenue appropriée pour prendre le Thalys… J’ai un billet en règle, je suis assis tranquillement, mais visiblement la tenue des éboueurs de la ville de Paris est incompatible avec celle des hommes d’affaires du Thalys… Après quelques minutes de discussion, il me dit que je mets les gens mal à l’aise et me demande de descendre à Aix-la-Chapelle. Les occupants des places 82, 83 et 85 s’étaient-ils plaints ? Se sont-ils levés à cause de ma tenue ? À cause de ma condition d’éboueur ? Je n’en sais rien… Toujours est-il que le contrôleur est là, devant moi, en train de perdre patience. Bien entendu, je refuse d’obtempérer. Excédé, il me déclare qu’à Bruxelles, le service de la sécurité et de la police vont s’occuper de moi. Poursuivant sa logique d’intimidation, il prend son téléphone, s’éloigne pour que je ne puisse pas entendre la conversation… Je ne parviens à savoir s’il téléphone à Bruxelles, mais je l’entends dire que je refuse de descendre… Évidemment, en gare de Bruxelles, personne n’est monté et je n’ai plus revu ce contrôleur. J’ai donc fini ce voyage, seul, sans être importuné, dans une voiture 27 quasiment vide.



translation by Caroline Hancock