Head above water, depuis 2004

Paris, january 2008At the end of a residency at the Drawing Center in New York in September 2001, I brought in some unused postcards that I had bought in Düsseldorf.The crowds of Soho, on Broadway and Canal Street, enticed me to make little sketches, anonymous portraits of different people.

When I got back to my studio in Paris I stuck different stamps from my collection on these cards which in turn gave me the idea of travelling across the world and asking people write to something about themselves on a postcard – something about their lives or about the world they live in: war, daily life, their dreams, their hopes…

On the eve of the opening of the exhibition « The Sick Opera » at the Palais de Tokyo in Paris, suffocating in my studio under the pressure of preparing for the exhibition, I began to think that I was succumbing to ‘navel gazing’. I decided it was time to leave for Kabul. It was just when the presidential election campaign was being disturbed by terrorist threats, which led me to change direction, so instead I left for Serbia. I visited the cities of Cacâk and Prokupje, travelled on to Kosovo and visited the cities of Prhisthina and Mitrovisca to hear what people had to say, to allow them to ‘exhibit’ the situation they found themselves in.

I visited schools, campuses, streets and markets, each time going to the post office to have the cards, which were addressed to me, franked, before taking them away with me.

When I got back to Paris these messages from one world to another formed a major part of my exhibition. The next journey was to Lagos, where between 13 and 15 million people have been abandoned in abject poverty which, combined with urban violence, together equals, quite simply, suffering. In 2005 violent demonstrations broke out in the Paris suburb of Saint Denis: young French people, whose parents and grandparents were immigrants, demanded to be heard, cars and public buildings were set on fire, the contagion was swift, and several other cities flared up. I decided to visit these places and to hear what these young people had to say . The results were astonishing. Not long after that I went to Havana; Cubans want to talk, and their fears are significant.

2006, Hiroshima: young school children on a pilgrimage offer a lesson of respect, tolerance and above all peace to our world which is so badly in need of it. Next stop Johannesburg, where the themes of AIDS, violence, apartheid become part of the project and Zimbabweans talk about their exile. In Moscow, two themes recur: the reversal of the economic model which is now in thrall to pure capitalism and, above all, the situation in Chechnia, a pulse which becomes apparent in a commentary in the style of a novel about a Russian man.

At the end of 2007 I went to Gateshead, England, for my exhibition at the Baltic Centre for Contemporary Art : I decided to organise a ‘referendum’ using postcards, asking British visitors, « What is your view regarding British forces in Irak ? »

Head above Water acknowledges the artist’s responsibility towards society by giving ordinary people the opportunity for their voices to be heard. It is an interactive and generous project which echoes the words of the philosopher Emmanuel Kant: ‘Art, to me, is not a solitary pleasure, but rather a way to touch the largest possible number of people by giving them privileged access to our common suffering and joy.’

The series Head above Water continues.

Barthélémy Toguo.

Paris, janvier 2008Suite à un séjour au Drawing Center à NY en septembre 2001, j’avais apporté avec moi des cartes postales vierges achetées auparavant à Düsseldorf.La foule mouvante de Soho, de Brodway et de Canal Street m’a entraîné à dessiner de petites esquisses de portraits anonymes de toutes sortes de gens.

De retour dans mon atelier à Paris, j’ai collé différents timbres que je collectionnais sur ces cartes et cela m’a donné l’idée de partir à travers le monde pour donner la paroles aux gens sur ces cartes postales en leur posant des questions sur la vie ou sur l’actualité : la guerre, leurs conditions de vies, leurs rêves, leurs espoirs….

A la veille de mon exposition « The sick Opera » au Palais de Tokyo, étouffé dans mon atelier par la préparation de celle-ci, j’ai eu l’impression de trop regarder mon nombril. J’ai alors décidé très vite de partir à Kaboul mais les prochaines élections présidentielles étaient très mouvementées par des attentats. J’ai donc changé de cap et décidé d’aller en Serbie dans les villes de Cacâk et de Prokupje, puis au Kosovo dans les villes de Prhisthina et de Mintrovisca pour donner la paroles à ces deux peuples afin qu’ils « exposent » leur situation.

Je suis allé dans les écoles, sur les campus, dans les rues et sur les marchés, chaque fois je faisais tamponner ces cartes postales que je m’adressais à moi-même dans les postes locales mais je les reprenais aussitôt.

A mon retour à Paris, j’ai accordé une place importante dans mon exposition à ces messages au monde. Dans la foulée s’en est suivi un voyage à Lagos : 13 à 15 millions de gens dans la misère totale, des gens qui côtoient la violence urbaine, la misère crue, tout simplement la souffrance. Puis, en 2005, des émeutes éclatent en France dans la ville de Saint Denis : les jeunes français issus de l’immigration réclament plus de considération à leur égard, voitures et édifices publiques partent en feu, la contagion est immédiate, de nombreuses villes s’enflamment. Je décide de me rendre sur place et de donner la parole à ces jeunes : le résultat est étonnant.Un peu plus tard, je vais à La Havane : les Cubains veulent parler, les peurs sont grandes.En 2006, à Hiroshima, les jeunes écoliers en pèlerinage donnent des leçons de respect, de tolérance et surtout de paix à notre monde qui en a besoin.Puis à Johannesburg, les thèmes sur le Sida, la violence, et l’apartheid sont exprimés mais aussi des Zimbabwéens qui parlent de leur exil.A Moscou, deux constats ressortent : le retournement de la situation économique qui vire au capitalisme mais surtout le pouls de la situation en Tchétchénie est mesuré dans un commentaire comme un roman d’un Russe.

Fin 2007, je me rends à Newcastle Gateshead pour mon exposition au Baltic Centre for Contemporary Art : je décide d’organiser un « référendum » par des cartes postales en demandant aux Anglais : « What is your view regarding the British Forces in Irak ? »

Head above Water prend ainsi sa place dans notre société en donnant la parole aux gens. C’est un travail interactif et généreux en écho à la citation du philosophe Emmanuel Kant : « L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire, il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre de gens en leur donnant une image privilégiée des souffrances et des joies communes ».

Head above Water est une série qui continue.

Barthélémy Toguo


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